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Images aléatoires

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Témoignages

Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /2006 15:23

Le cœur est comme un paysage de campagne, on y voit une infinité de champs et de prés de toutes tailles et de toutes couleurs.

Cela peut être un paysage de rizières et de forêts, une immense plaine plate du nord de l’Europe... Chacun a le sien.

Le mien est un paysage vallonné de nos campagnes. Il y a la vallée principale, de nombreux vallons, et partout une infinité de champs et de prés de toutes tailles et de toutes couleurs.
Chaque champ, chaque pré est un souvenir.
Certains sont beaux, colorés, ce sont de bons souvenirs, d’autres sont gris, ternes, ce sont de mauvais souvenirs.
Certains sont brillants, vifs, éclatants, ce sont des souvenirs récents, d’autres sont mats, pastels, ce sont de vieux souvenirs.
Certains sont immenses, ils représentent des tranches de vie, d’autres sont petits, ce sont des instants fugaces.
Certains sont devant moi et accaparent mes pensées, d’autres sont au loin, loin de mes yeux et de mon esprit.

Le cœur semble figé, immuable, et pourtant une armée de paysans travaille en permanence dans la vallée. Ces hommes défrichent de nouveaux champs où sont stockés les nouveaux souvenirs. Ces nouveaux champs m’obligent à reculer et à bouger. Je ne peux plus voir les mêmes champs, ou je ne les vois plus de la même façon.

Au fil du temps, j’ai appris à exploiter ma vallée. J’ai tracé des sentiers où je peux me promener entre les champs et les près.
Les bons souvenirs sont toujours un plaisir.
Je trouve parfois un champ en friche. J’ai beau chercher, je ne retrouve plus vraiment les souvenirs auxquels il est lié.
Les mauvais souvenirs sont un paradoxe et une difficulté.
Une difficulté puisqu’ils m’empoisonnent la vie. Je sais que je dois les éviter. Ils m’obligent à de multiples détours. J’ai même appris à construire des murs autour des plus mauvais. Je peux alors reprendre mes promenades en passant à coté d’eux. Je sais qu’ils sont là. Je sais que le mur me protège.
Un paradoxe puisqu’ils font partie de ma vie. Je ne peux pas les effacer. Il en est même certains que je ne veux pas effacer. De temps en temps, au fil d’une balade, lorsque le temps est beau je risque un regard au dessus d’un mur pour examiner un mauvais souvenir. Quelques fois ça se passe bien, soit le souvenir à pali, soit je m’aperçois qu’il est plus petit que je ne le pensais. D’autres fois une vague d’émotion m’envahie, je repart promptement. Le temps de regarder ce souvenir en face n’est pas encore venu. Il faut louvoyer et attendre.

Aujourd’hui un tremblement de terre a modifié soudainement les vallées de nos mémoires.
Un immense champ noir est apparu. Un nuage de poussière a déposé un voile terne partout. Les sentiers sont interrompus.
Les saisons qui arrivent provoqueront l’apparition de nouveaux champs où seront stockés de nouveaux souvenirs, qui nous obligeront à reculer et à bouger. Nous ne verrons plus nos vallées sous le même angle.
La pluie et le vent effaceront les voiles ternes.
Mais il faut apprendre à vivre avec nos fêlures. Seul les soins que nous y mettrons nous permettront de remettre en état nos vallées et de tracer de nouveaux sentiers. Il faudra, dans un premier temps, éviter ce grand champ noir tout en supportant tous les événements quotidiens qui nous y ramènent. Au fil du temps la végétation repoussera lui donnera un aspect plus humain. Nous pourrons alors le côtoyer. Certains d’entre nous saurons même y créer une ambiance apaisante propice au souvenir : une rangée de ruches, un étang avec des nénuphars...

La vie doit continuer

Cette façon de voir les choses m’a aidée dans le passé, si elle peut vous aider aujourd’hui, j’en serai heureux.

Laurent

 

Par Laurent Caudron - Publié dans : Témoignages
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 21:12

Bonjour à tous, famille et amis de ces 4 amis disparus, et tous mes encouragements pour votre initiative avec cette association et ce blog.

 

 

 

Je ne les connaissais pas, Stefan, Raph, Vincent, Jean Baptiste mais je connais Carole, un peu, pas vraiment dans sa vie à la montagne, mais dans l’autre, sa vie professionnelle, pour la partager. Et puis, je suis aussi une « veuve de la montagne », mon copain y est mort il y a 2 ans, et Carole a toujours été attentive. Alors, c’est avec empathie et émotion que je pense à vous, la famille et les amis, et à eux aussi, c’est avec beaucoup d’émotions que je regarde ces photos, ces sourires sur votre site. Peut-etre que mon court témoignage pourra vous apporter dans le futur un peu de soutien, au cas où, je l’envoie ! Il est peut-etre trop tot pour que vous le lisiez, je ne sais pas. Juste maintenant, la mort est certaine pour eux, mais il se passe plein de choses pour vous, les secours, la creation du site, les echanges, les reunions, les amis solidaires. C’est vrai, la mort est là, mais pas la vie avec leur mort, celle qu’il faut vivre après, avec le souvenir de leurs sourires, de leur présence physique, mais avec malgré tout, leur absence réelle, les projets qui ne se feront plus, le vide qui vous accompagne, il sera là ce vide, malgré toute la force avec laquelle vous vous raccrocherez aux souvenirs, et c’est à ce moment là, tout autant que maintenant, qu’il est important que les proches reçoivent encore, toujours, du soutien, de l’aide, dans une semaine, dans un mois, dans un an, dans deux ans. De l’aide, c’est la parole, l’écoute, les coups de telephone, les lettres, les invitations à sortir, accepter les blancs dans les conversations, les pleurs, appeler meme quand on n’a « rien » à dire, même après, même longtemps après. C’est maintenant que je vous l’écris, à vous leurs amis, parce que c’est maintenant que vous lirez peut-être ces mots, j’espère pas trop sentencieux. J’avais demandé à nos amis, à ses amis, de m’envoyer des témoignages, lettres, photos, anecdotes, pour que notre fils puisse aussi le connaître, il était trop petit pour s’en souvenir, et pour moi aussi. C’est SUPER de recevoir tout ça. Ce blog, les photos, participent de la même générosité, mais encore une fois, vous qui les avez croisé, le temps d’un voyage, de vos études, n’importe, allez y, même si vous n’avez pas l’habitude, écrivez, racontez, collez vos photos, faites des albums, maintenant, dans 6 mois, dans un an, et envoyez tout ça aux familles, ça les aidera, ça vous aidera. S’ils n’avaient pas d’enfants ce seront leurs parents, sœurs, frères, nieces, neveux, copines, qui les regarderont, les liront les larmes aux yeux ou en rigolant avec leurs images dans la tête, même plus tard, et apprendront à les connaître autrement aussi. Quand mon fils me demande pourquoi papa est mort, je lui dis que c’est parce que sa vie est finie, que pour tout le monde, la vie finit un jour, mais que l’important, c’est l’amour et le partage, et que son papa nous en a beaucoup donné. Ces 4 la, vos amis, aussi, à vous lire tous témoigner, en avaient beaucoup à donner, de l’amour, et le faisait partager. C’est un peu comme un livre la vie, il y a une fin, mais les histoires, même courtes, peuvent être belles et nous éclairer longtemps.  

 

Anne

 

Par Anne Loison - Publié dans : Témoignages
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 21:53

Bonjour,

Stefan je le voyais de temps en temps au club d'escalade Agrippine à Boulogne. Il était discret et bref…sympa
Par un curieux hasard j'étais entre le lac au dessus du Cho oyu base camp et un col improbable quand nous avons eu vent de la nouvelle. Ce n'est qu'en regardant la télé dans l'avion du retour que j'ai percuté que le portrait m'était familier.
Demain je grimpe au club et je mettrais un drapeau de prière pour le souvenir et l'espoir.
Loungta le cheval du vent nous accompagne tous dans nos périples.

Cordialement.

 

 

 

Par Philippe PIAS - Publié dans : Témoignages
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 22:34

Juste un petit mot pour dire que même tout en haut de la france, à LILLE, on partage la peine de tous les proches des 4 disparus.

Je connaissais JB, on a passé la formation BE Escalade ensemble et nous avons partagés pas mal de trucs pendant cette formation, des sorties en falaises après les cours, des petites séances de pan le soir, des blocs ouverts dans les chambres du CREPS, des fourires en cours et dans le réfectoire .......... que du bonheur !

JB par sa gentillesse naturelle m'a hebegé au Murier pendant 1 semaine pour passer l'examen final du BE à Voiron, et j'ai decouvert un JB passionné des abeilles ! A Grenoble nous avons passé une soirée chez Stef .... après avoir était sur une falaise grenobloise que je ne connaissais pas, j'ai rencontré que des gens bien la bàs !

J'admire JB pour sa joie de vivre (il a un rire mémorable), son naturel, sa discretion, son professionnalisme et sa gentillesse. Ca fait environ 2 ans qu'on ne sait pas vu et apprendre une telle nouvelle par les infos, c'est un choc ! Malgrés les kilomètres .... je l'ai toujours considéré comme un POTE !

Je suis vraiment très triste de ne plus jamais pouvoir partager ça et d'autres choses avec lui ..... JB, t'es un mec bien, tu vas nous manquer !  

Djé, de LILLE

Par Jerome Jouret - Publié dans : Témoignages
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 22:36

Raph,

Je ne connais pas tes amis, je suis certaine qu'ils sont à ton image : gentils, attentionés, bons vivants, remplis de gaité et d'envie. L'envie d'aller plus loin, plus haut, de rencontrer, d'échanger, de faire plaisir et surtout d'apporter de la joie autour de vous.

Aujourd'hui, nous vous attendons avec impatience. Vous êtes toujours dans nos coeurs. Les pleurs et les cris qui s'en échappent sont des appels. Répondez-nous ! Nous sommes là, juste à côté.

Raph,

Je me souviens de ces bivouacs égaillés par les histoires que tu racontais en sirotant un verre de rhum. Je me souviens de tes projets d'expés et de voyages qui faisaient naître des étoiles dans tes yeux. Je me souviens des anecdotes qui te faisaient sourire en évoquant tes collocataires de la ferme. Je me souviens .. Non ! Je ne veux pas me souvenir. Je veux revivre ces moments avec toi encore une fois, deux fois, trois fois et plus encore. Je veux pouvoir encore lire les mails que tu m'envoies à ton retour et où tu me racontes ton dernier voyage. Je ne peux pas vivre autrement. Tu me manques. Tu nous manques. Vous nous manquez. Revenez.

didinath

Par Nathalie COUDE - Publié dans : Témoignages
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