Lundi 11 décembre 2006
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L’enrevoir.
Ce mot
Parler de toi, de ta passion en public . Mais de quel droit ?
Tu N’aimerais pas cela, pourtant la vie et la mort nous enlèvent nos droits un jour ou l’autre.
Et nous en sommes là aujourd’hui. Ta mort, parce que c’est la tienne, la vie parce que c’est la mienne.
Il est de coutume que je m’y complaise en poème.
Je désirerais garder le silence qui est aussi le tien et celui des neiges éternelles.
Je ne te connaissais plus comme disent ceux qui ne se sont pas vus depuis un certain temps. Mais quelque soit le temps du temps, tu es le premier à l’avoir deviner, il est toujours le même. Celui du beau que tu recherchais envers et contre tous, celui du moche qui n’a de cesse de nous trouver au tournant.
Mais tu as réussi ainsi que tes compagnons, à les lier, même si pour nous, ils nous restera jusqu’à notre propre mort, un moche déchirant pour nos cœurs.
J’ai pleuré de ta disparition, mais j’ai hurlé de savoir aussi que là-haut cela avait toujours été aussi chez toi ; que je dois l’accepter.
Cet endroit de blanc et de milliers d’autres couleurs par les roches, cet endroit difficile à accéder mais chaque fois que l’on y va ou nous nous en approchions, nous donnent quelque chose impossible à exprimer, sauf par c’est beau, donc c’est beau de vivre.
Le seul poème que je puisse faire est :
Montagne, prend garde a bien t’occuper de ce que tu viens de nous enlevée.
Neige éternelle, n’oublie jamais de lui offrir ta chaleur dont seul l’alpiniste à connaissance, celle de la vie.
Roche ne lui enlève aucune de tes possibilités pour une nouvelle naissance d’atomes un jour et surtout ne te trompe pas en l’aidant.
Herbe, même si jamais il ne te l’a dits, il taimait aussi, alors prends soin de bien le comprendre.
Terre, donne lui le sein.
Je te remercie stefan. C’est à nous de comprendre que le beau à tout autant d’importance, si ce n’est plus, que le moche. C’est ton message. Il nous aidera peur-être à comprendre l’enjeu pour nous aujourd’hui.
Je t’aime mon ami.
Par Isabel Oboeuf
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Lundi 11 décembre 2006
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Comme tous ceux qui connaissent Raph, je suis bouleversée par la triste réalité népalaise.
J'ai fait partie du voyage qu'il accompagnait au cap vert en 2003, et j'en ai gardé un souvenir merveilleux. Il régnait au sein du goupe emmené par Raph une super ambiance et nous avons pu à la fois profiter de ses compétences, de son humour et de ses passions pendant les longues balades quotidiennes.
Il nous a ainsi emmenés dans les airs par le parapente, sur un terrain de volley ball au sein de son équipe étudiante, sur des skis par ses sorties hivernales et nous connaissions déjà presque un peu le Pérou à travers le voyage qu'il préparait à l'époque pour août 2003.
Il semble aujourd'hui qu'on ne refera pas un bout de route ensemble "sur les chemins du monde" pour reprendre son expression voyageuse. J'en suis très profondément peinée, et j'aimerais, à travers ce mail, accompagner par une pensée et un soutien moral très forts, sa famille, ses amis, ainsi que ceux des "trois autres loulous", faute de ne pouvoir faire plus.
Bien affectueusement.
Par Patrcia Perrin
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Lundi 11 décembre 2006
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16:09
Bonjour
Alpiniste Grenoblois je ne connaissais aucun des 4 disparus, pour certains on était presque voisins puisque j'habite aussi sur la colline du Murier. J'avais simplement entendu parlé de certaines voies qu'ils avaient ouvertes à l'Oriental du Soreiller ou à la Tête de l'Etret par exemple. Des voies de carractères. La montagne est cruelle parfois surtout pour ceux qui restent, mais tellement belle et enrichissante quand on y est. Ci-après une citation de Dominique Radigue disparu lui aussi là haut.
"L'histoire est celle d'un homme qui attend. On ne sait pas quoi mais il attend. Au loin, des montagnes qui attendent aussi, mais plus lentement. Elles attendent de disparâitre, L'homme aussi. Et puis un jour , se sentant seul, il est parti attendre ailleurs sur une montagne qui l'attendait."
Même si ils ne se sentaient surement pas seuls ici, ils sont surement bien là bas.
Par Jo
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Lundi 11 décembre 2006
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16:15
Comme vous je fais partie de ceux qui restent : ma soeur, Chantal Mauduit a aussi été victime d'une avalanche en 1998. Ils nous ont tous beaucoup fait rêver, et sont morts heureux. Je vous adresse toute ma sympathie.
Anne
Par Anne Mauduit
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Jeudi 14 décembre 2006
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09:00
Stefan nous a guidé dans nos premiers pas d’escalade à Agrippine et nous a très vite fait découvrir la beauté et la magie des falaises, les grandes voies de Presles et d’autres.
Simple, discret, souriant, passionné et passionnant, Stefan a été et restera pour nous un symbole et une référence. La philosophie qu’il nous a transmise est à perpétuer.
Il restera à vie dans nos cœurs. Nous n’oublions pas ses 3 amis JB, Vincent et Raphaël.
Nous avons vraiment du mal à croire que nous ne verrons plus sa bonne bouille…
Astrid et Laurent
Par Astrid et Laurent
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