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Texte Libre


 


Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /2006 16:37
Une réalité n’est jamais saisissable sous une seule face.

Pour comprendre ce qui s’est passé, voici le récit transcrit à partir du témoignage de Christian Trommsdorff & Aymeric Clouet, les deux guides de haute montagne français, qui ont mené les recherches dans l’Himalaya sur les 4 alpinistes disparus. Un témoignage, fait devant les amis et familles dans un chalet du Vercors, le 3 décembre, à l’aide d’un petit film et de photos, et qui permet de mieux comprendre la situation sur place.

Une mise au point très utile par rapport à certains faits, hâtivement publiés par quelques médias (plus soucieux de sensationnalisme que de vérité).
Le récit d’une lente remontée vers les indices, bâtie au départ, sur une « belle » intuition, agrémenté de quelques précisions utiles (techniques, administratives…).


Mise au point

1° Le Paldor était bien l’objectif initial des 4 Grenoblois. La face nord est un « très bel objectif » adapté à des alpinistes de ce niveau. Mais les conditions étaient « mauvaises » : beaucoup de neige, pas de glace. La montagne n’était pas en état. Une fois sur place, les 4 ont donc vraisemblablement décidé de changer d’objectif et d’aller plutôt sur une face sud. « On ne va pas faire une montagne qui n’est pas en état, à tout prix, parce qu’on en a le permis ».

2° Le sommet tenté (Ganesh 7 ou contrefort Ganesh 5 selon les cartes) se situe en face du Paldor, et pour sa face sud au Népal. « Ils n’ont pas mis les pieds au Tibet. C’est clair ». La confusion peut venir de la dénomination des Ganesh qui varie suivant les cartes et suivant les altitudes (voir précisions ci-dessous).

3° C'est un sommet d’environ 6300 m (et non un peu plus de 7000 comme mentionné dans une dépêche de l’AFP). Soit un sommet équivalent sensiblement à celui du Paldor (5900m).

4° L’itinéraire qu’ils ont suivi était l’itinéraire logique pour ceux qui veulent monter ce type de sommet. Ils ne pouvaient prévoir ce qui allait arriver par la suite. Ils sont tombés dans un « piège » dans lequel aurait pu tomber d’autres alpinistes confirmés.

5° Les Quatre ont pratiqué le style alpin : le matériel minimum nécessaire, en montant et démontant la tente le matin. « Partir aussi léger n’est pas une prise de risques inconsciente. C’est une question d’éthique, d’engagement. C’est la technique même de l’alpinisme moderne en Himalaya. Si on est rattaché avec des lignes (cordes) fixes, avec une nuée de porteurs, il n’y a plus d’engagement. On y va avec un minimum d’aide extérieure, un maximum d’autonomie. »

L'opération de recherche
menée par Christian Trommsdorff et Aymeric Clouet

Ce récit démarre alors que Stefania et Carole, les deux amies des 4, présentes sur place, ont déjà mené des premières recherches. Et que deux reconnaissances en hélicoptère ont eu lieu les 9 et 12 novembre, menées par Sunar (qui avait vendu le permis de trek sur le Paldor et est formé à l'école française des guides). Des recherches qui n’ont pas permis de repérer d’indices précis mais indiquent, à tout le moins, que le Paldor n’étant pas vraiment faisable, il faut sans doute élargir le cercle des recherches : vers certains sommets des Ganesh Himal (on pense alors surtout au Ganesh 5).

Une équipe de sherpas a déjà été rassemblée par le Consulat français à Katmandou pour mener les recherches. C’est à ce moment-là, qu'un guide de Chamonix, Christian Trommsdorff qui revenait d’expédition, et était donc déjà « acclimaté », avait appris la nouvelle et proposé son aide. Le 14, missionné par les Affaires étrangères, il commence à organiser une expédition de recherche (il sera rejoint ensuite par Aymeric Clouet). Le 15, la logistique est organisée (les hélicoptères ne sont en effet pas disponibles).
L’intervention est rendue possible grâce au soutien logistique des « sherpas acclimatés, leur efficacité, leur dévouement et leur flexibilité » raconte Christian Trommsdorff. Une équipe de 12 sherpas et porteurs, renforcée par la suite, aide, en effet, aux recherches et à la logistique, au portage, au montage des tentes, à la cuisine, la mise en place des groupes électrogènes, nécessaires pour recharger les téléphone satellites et les radios, etc …

Le 16 novembre, un gros hélicoptère, de fabrication russe, d’apparence rustique mais très fiable, pouvant transporter jusqu’à 20 personnes, amène toute l’équipe à 4000 m. Un camp de base est établi. Il n’y a pas de neige à cet endroit, et de l’herbe. Un endroit assez confortable et central pour mener les recherches. « Nous avons regardé autour de nous et essayé de raisonner comme ils l’auraient fait. » L’équipe se divise en cinq : une partie sur les accès les plus logiques vers le Paldor (face nord), l’autre sur le Ganesh 5, face sud (qui lui fait face). Les recherches n’ont rien donné. « On est rentrés le soir à la nuit ».

Première découverte : une tente, un peu de matériel, un mot

Le 17 novembre : l’équipe se divise, cette fois, en deux groupes. Un hélicoptère survole la zone avec un alpiniste et un sherpa. Mais, c’est à terre, que la première découverte d’importance est faite. Un sherpa découvre la première tente des 4 (ils en avaient deux). Cette tente est marron, de même couleur que les rochers. « Ce n’était pas évident de la voir, surtout par hélicoptère. On a vraiment eu de la chance de la trouver rapidement. » Les 4 avaient laissé le matériel technique, « ce qui laissait supposer qu’ils ne partaient pas sur une voie technique. » Ils avaient surtout pensé à laisser un mot sur le carnet de bord, avec la mention du départ pour le Ganesh 7. Et une carte. Cette carte, où figure la montagne qu’ils comptaient faire, mentionne bien le Ganesh 7 en territoire népalais. (ce qui montre a posteriori clairement qu’il n’y avait aucune intention de violer une frontière quelconque).
On savait maintenant sûrement où orienter les recherches.

Les 18 et 19 novembre : une équipe – composée des deux guides et de 4 sherpas —  s’installe au pied de la face sud de l'objectif supposé des 4 alpinistes, à 5000 m. « Dans un coin sûr » à première vue.

Deuxième indice : un sac, un thermos, un passeport
Le soir, en se baladant autour du camp, à 100 mètres de là, est découvert un « dépôt » : un sac, un thermos, et le passeport de Stefan. Cette découverte confirme les données du départ : l’intuition des himalayistes et sherpas et le mot dans la tente. « Ils étaient bien venus là, ils avaient suivi la même logique que nous pour installer leur camp, et a priori, ils étaient partis en direction de cette face. »
Le lendemain comme la plupart des matins, il fait beau, un peu de neige fraîche sur les cailloux, on voit ce qui se passe, on voit cette face, à 6300 m. Nous sommes à 5000 mètres. » Il y a donc une face de 1300 mètres à faire.
« On s’est posé la question de savoir par où ils étaient passés. On a essayé de se mettre à leur place. A droite, plusieurs tours de glace qui menacent de tomber, tous ces débris, il était donc hors de question de passer par là. A gauche, une cascade de glace (de la même dimension qu’à Chamonix) difficile à franchir, et des tours de glace qui menacent de tomber. Il reste donc une seule zone, large de quelques centaines de mètres, où Il était possible de passer, avec notamment un couloir le plus sûr pour monter. On avait repéré un petit promontoire rocheux, au pied de ce qui ressemblait de loin à un névé. On s’est dit que s’il y avait un camp à monter dans la face, ce serait logique de le faire là. ». Christian et Aymeric montent seuls, sans assistance des sherpas. « Le terrain était difficile, avec des chutes de pierre possibles, donc il vaut mieux ne pas monter à trop nombreux là-dedans ».
Les sherpas vont chercher d’autres moyens, d’autres approvisionnements pour renforcer l’autonomie des recherches. « On prévoyait initialement de rester 2-3 jours pour prendre le temps de parcourir cette face, et de chercher sur l’ensemble des endroits accessibles ».
« Vu de loin, il n’y avait rien de particulier, même à la jumelle. Cet itinéraire était l’itinéraire logique, sans souci particulier. »
5200 mètres : « on arrive dans une zone assez compliquée, un terrain assez facile mais un peu raide. » (…) « On est vraiment dans la face. Et ce n’est pas évident de voir au-dessus car on est collé, on découvre les premiers débris d’une avalanche. »
5400 mètres : « On tombe sur des traces très nettes, très claires de pas ». C’est sûr, c’est le bon itinéraire. « Ils sont forcément passés par là. Car il n’y a pas plusieurs groupes qui viennent ici, ou du moins on l’aurait su, et on se serait forcément rencontrés ».

Dernier indice : la tente jaune, un réchaud, trois passeports
5500 mètres : On passe le promontoire. Et on tombe pile sur la tente jaune (une North face VE25 pour les connaisseurs). « C’est leur dernier camp avant la tentative pour le sommet ». A l’intérieur, se trouvent tous les duvets, un réchaud, et les passeports de Vincent, JB et  Raphaël. « En fait, ils ont laissé tous ce dont ils n’avaient pas besoin pour aller au sommet et revenir » (dans la journée). Juste au-dessus, on voit une avalanche. Une « avalanche qui a la taille de deux terrains de foot » qui, clairement, n’était pas présente au moment où ils planté ce camp et l’ont quitté » Sinon ils auraient planté leur camp ailleurs.
« A ce moment-là, nous n’avons pas encore vraiment compris ce qui s’est passé. (Comme eux). On n’a pas vu le sérac qui a causé l’avalanche. On aurait fait exactement la même chose qu’eux. » Ils sont tombés dans un piège, dans lequel aurait pu tomber n’importe qui.
Cet automne, quasiment comme tous les après-midi, il ne fait pas beau, nuageux, voire neigeux. « Donc, quand on s’installe un bivouac, on ne voit pas toujours ce qu’il y a au-dessus. »

Et une avalanche
« On s’est immédiatement posé la question. D’où vient toute cette neige ? En se décalant de 20 mètres vers l’arrière, on aperçoit alors une zone de corniches, séracs, et un effondrement sur une assez grosse pente de neige en aval. Sous une arête sud, avec les vents dominants d’ouest, on a de la neige rabattue dans ces pentes, et on peut avoir donc un phénomène de « plaque à vent ». NB : Plaque à vent = une pente (souvent forte) de neige fragilisée. Si un bout de glace tombe dans cette plaque, on peut avoir un déclenchement important de toute une pente de neige, qui d’un seul coup va balayer l’ensemble de cette zone.
Ce danger, toujours existant, peut menacer à tout moment même l’équipe de secours. « Alors qu’Aymeric avait commencé à monter, nous avons décidé d’interrompre les recherches, et de rentrer.  Le même phénomène pouvant se reproduire à tout moment ». Si un autre morceau tombe, cela peut redéclencher le même phénomène, plus ou moins fort selon l’importance de la neige.
Mais, avec tous les éléments (la première tente, le dépôt, la deuxième tente…), il y a une certitude qui est acquise. Ils sont restés dans cette montagne, dénommée Ganesh 7 (sur la carte 83 000e retrouvée dans la tente). Ils ont sans doute été pris par l’avalanche le 27 octobre (ou un jour plus tard). Seule inconnue : ont-ils eu le temps de monter là-haut ou ont-ils été pris en montant ?

Mission terminée
La descente est entamée le 20 novembre. L’équipe redescend, en prenant soin aux pierres qui roulent, dangereuses. Le dernier soir, les lumières sont magnifiques, le vent souffle fort en altitude, emmenant quelques plaques de neige poudreuses. C’est aussi, çà la magie de la montagne, un endroit « plus beau que tous les cimetières au monde ».
Le 21 novembre, l’équipe réintègre le camp de base à 4000. Et le 23, tout le monde est redescendu à Katmandou.

NB : l’équipe a pris soin de filmer toutes ces étapes, film montré aux familles ce week-end et qui a permis, vraiment, de saisir la réalité de la situation et la difficulté des opérations de recherche.

Quelques précisions complémentaires

Glacier - Sérac. Le glacier est en mouvement permanent, il avance dans la pente, à une vitesse entre 30 cm et 1 mètre, voire deux mètres selon les endroits, … par jour. Donc beaucoup. Des fractures se créent donc. Et des blocs vont tomber dans la pente.

Le temps, cet automne. Quasiment tous les après-midi, il ne faisait pas beau, nuageux, voire neigeux (voir aussi le carnet de JB). « Quand on installe un bivouac, on ne voit pas vraiment ce qu’il y a au-dessus, l’itinéraire qu’on a prévu depuis le bas. »

La numérotation des sommets. En Himalaya, on numérote les sommets suivant les altitudes décroissantes. Le Ganesh 1 est ainsi le plus haut, le Ganesh 2 suit, etc… Mais comme il y a incertitude sur les altitudes, il y a des différences selon les cartes, par exemple pour les Ganesh 2 et 3 (souvent inversés), et pour les Ganesh 7 (où il semble y avoir plusieurs sommets, géographiques). Confusion rendue également possible car les Ganesh Himal restent une partie de montagne peu fréquentée, voire encore à découvrir.

Montagne « sacrée ». Pour les Boudhistes et Hindouistes, la montagne est sacrée en général. Sans que cela désigne systématiquement un interdit.

Les permis. Ils sont délivrés, en général, pour les « trekking peaks », reconnus comme tels, par la NMA, l’association de montagne népalaise, pour les autres sommets par le ministère du tourisme. Ce système de permis n’est plus adapté à la pratique de l’alpinisme moderne en Himalaya, selon certains himalayistes. (Nous n’avons pas information précise sur la destination des fonds versés à la Nma). 

Le Népal. Au même moment où les 4 disparaissaient, le Népal, un des pays les plus pauvres du monde, de 28 millions d’habitants, entre l'Inde et la Chine, connaissait un tournant historique. Après plusieurs mois de négociation, un accord de paix est, en effet, annoncé, le 8 novembre, entre les rebelles maoïstes et les partis politiques népalais.
Les rebelles renoncent à la lutte armée et à la violence. Ils s’engagent à fusionner leur "armée de libération du peuple" (35.000 soldats) avec l'armée régulière népalaise (90.000 hommes). Ils devraient entrer au gouvernement et disposer de 73 députés dans un Parlement intérimaire (sur 330 sièges). Depuis plus de 10 ans, la guerre civile qui fait rage, les maoïstes cherchant à renverser le roi, a fait plus de 12.500 morts.
Prévu à l’origine mi-novembre, l’accord de paix historique sera finalement paraphé le 21 novembre entre le Premier ministre (Girija Prasad Koirala) et le chef maoïste (Prachanda). Une commission d’enquête reconnaît également la responsabilité du Roi dans la mort de 19 manifestants lors de manifestations en avril 2006
Le 29 novembre, un accord entre le gouvernement et les maoïstes est signé sur le contrôle par l'ONU des armes de la guérilla. Le conseil de sécurité de l'ONU doit décider du déploiement de 60 observateurs pour surveiller le processus. (source : AFP)
Par Nicolas - Publié dans : dernières nouvelles
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 16:38

Jean-Baptiste, JB, JBouille…pour nous, les Grenoblois, c’est le Prince du Fermage de Bras, le Roi des abeilles, et un Petit Ange.

 La joie pure qu’il éprouvait à fermer le bras était communicative, et il était aussi heureux de réussir à enchaîner un 8a que de voir un de ses potes ne rien lâcher et tout donner dans un 6c. Fermer le bras… c’était bien plus facile pour lui que pour d’autres, avec sa musculature de Dieu du stade et ses énormes paluches, parfaites pour tenir des piolets, beaucoup moins adaptées à tout ce qu’on trouve classiquement dans une maison : d’innombrables verres se sont cassés dans ses mains, alors qu’il n’avait que la plus pure intention de les ranger, et sa dernière velléité de ménage au Mûrier s’est soldée par un cuisant échec, le manche du balai s’étant malencontreusement brisé en deux entre ses mains, après 30 secondes d’une utilisation qui semblait pourtant normale.

Il avait un bonheur candide à aller en montagne. Son rire fusait quand il racontait ses galères innommables qui auraient terrifié plus d’un montagnard aguerri. Mais pour lui, c’était, très simplement, un jeu d’enfant.

 

JB, c’est le Roi de la ruche, qui plongeait à mains nues au milieu de ses petites abeilles, pour en ressortir un miel délicieux, à la belle couleur ambrée, et au goût très fort, comme tout ce qu’il faisait de la vie.  

 

JB, c’est un petit ange. Un petit ange, parce que tout était bon en lui. Un petit ange, parce que de son sourire candide, de son rire profondément joyeux, de ses yeux sincères, de tout son comportement tendre pour les autres et pour la vie, il touche le cœur comme le ferait un petit enfant, en déclenchant des bouffées d’amour pur. 

Par les amis grenoblois - Publié dans : Témoignages
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 14:25

Des souvenirs et des images….ça oui, tu nous en laisses en quantité !

Et c’est avec un large sourire aux lèvres que l’on y repense.

Notre Jibé à tous, avec ton grand sourire qui nous montre fièrement ton « V » taillé entre les dents.

 

Notre Jibé, il est comme ça ; toujours prêt à plaisanter.

Chaque fois que l’on se voit, il se crée une réelle complicité, on se cherche, on se taquine.

 

Il faut se l’avouer, nous, tes cousins et cousines, nous ne t’avons pas beaucoup appelé par ton prénom : toujours un Jibé par ci, un JB par là…

Plus tard, c’est Jibouillard ou Jibouille, la bonne bouille ! Et plus récemment, le premier petit cousin t’appelait Zibé « Et, il est où Zibé ? » ou « Super ! Zibé, il est là !... ».

 

On a grandi, presque tous ensemble, cousins et cousines, se retrouvant pour les vacances chez Grand-papa et Grand-maman qui nous ont souvent embarqués pour le bord de mer. Et là c’était : A nous les rochers ! En te suivant, pieds nus, au sommet des plus hauts.

Tu te souviens, quand on était petits, c’était à celui qui grimperait le plus haut dans le cèdre du jardin de Grand-papa et Grand-maman : le virus était déjà bien présent…

Tu te souviens aussi, on s’était fabriqué avec Fanfan des chevaux en carton. On a dû jouer comme les trois mousquetaires au moins toute une semaine comme ça, comme des gamins que nous étions !

 

Puis il y a eu les virées organisées par les « grands », les oncles et tantes, pour nous les « petits », les cousins et cousines.

Le Vercors, où nous étions dans un environnement coupé du monde, à fabriquer notre pain dans des fours que nous construisions chaque jour, avec l’aide de Jean, le pro de l’autonomie en rando.

Le canyoning en Espagne, le rafting à Bourg-Saint-Maurice, les vacances en Dordogne, avec la descente de la Vézère, où nous alternions des journées canoë et des journées vélo.

 

Et puis bien sûr, on ne peut oublier la rando du Grand Paradis !

Nous étions presque tous réunis pour ce périple de 15 jours, cet apprentissage de la vie, avec le plaisir de se retrouver, de se glisser des cailloux dans les sacs à dos, histoire de bien les alourdir… d’être ensemble à marcher au milieu des montagnes, de partager nos difficultés… Comme lors du passage du Col de la Fenêtre, où tu nous as encordé et assuré une descente en toute sécurité…

On se souvient avoir fêté notre premier 4000 au Champagne … ça c’était le vrai paradis !

 

Jibé des montagnes, les nôtres et celles de là-bas. Comme tu dois les aimer pour les caresser où personne ne va, pour les admirer.


 

Tu es encore tout vivant dans nos souvenirs, tellement ils débordent de vie, de rire et d’énergie.


Tes périples ont nourri nos rêves et nous ont fait voyager avec toi.
Avec toi Jibé tant de choses sont possibles, surtout celles un peu folles, pleines de vie. Avec toi on peut se permettre de sauter de 10 m. de haut dans l’eau, à la descente en rafting. Et être fier de se dire : on l’a fait ! C’était un peu fou, et ça fait du bien, surtout en le partageant avec toi.


Avec toi, on peut se permettre aussi de siffler une fillette d’hydromel made in grand’papa, pour se réchauffer, pour honorer grand papa tout juste parti, et vivre le moment présent.

 

Tu sais vivre chaque instant.

Tu sais composer avec chacun, et toute situation peut virer au comique avec tes blagues, tes yeux rieurs et ton sourire espiègle.

Mémorable scène du marché : grand’maman nous confie son étal de miel, près du poissonnier. Tu ne tardes pas à t’en faire un complice et à haranguer les gens du marché pour proposer un ‘pack’ poisson / miel !! On ri, on entre évidemment dans ton jeu, le marché est bien animé. Ou comment ne pas se prendre la tête et attirer la sympathie. Jibé de tous les possibles !


Jibé des abeilles. C’est tout toi ça, d’être équipé d’un voile et de bosser dans le rucher en short, et à mains nues. Petit prince des abeilles, des ruches.
Avoir été témoin avec toi de la formation d’un essaim d’abeilles chez grand’papa et grand’maman. C’est impressionnant. Et nous étions heureux de partager cela, et de le regarder avec un étonnement et un enthousiasme d’enfant.

 

Jibé l’apiculteur. C’est toi qui commences à prendre les commandes lors des récoltes annuelles de miel. Et après cela, nous nous attelons dans le hangar, pendant des journées entières, à rénover quelques ruches, remettre en état des hausses et rhabiller les cadres. Puis c’est au tour de la cire, fondue pour en faire de vraies bougies, râpée sous toutes ses formes… On a même voulu accrocher une enseigne  faite main, en forme de ruche, sur la façade chez Grand-papa et Grand-maman…. Ben mon cochon !


Sur les photos de famille il faut surtout pas se mettre devant Jibé sous peine de se retrouver avec de belles oreilles de lapin au-dessus de la tête !
Tu restes aussi un danseur hors pair et infatigable : on l’a bien constaté lors des mariages…

 

Ton aisance à aller vers les uns et les autres, un petit mot pour chacun, ou en grande conversation avec Manue. Tes taquineries, pleines d’affection et toutes tes petites attentions, nimbées de drôleries, ton sourire généreux, et ta simplicité… !

Tout cela, nous le gardons dans nos coeurs. Jibé des cîmes, Jibé des airs…

Par Cousins de JB - Publié dans : Témoignages
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 13:51
Un article du Dauphiné Libéré du 29/11/2006 qui a le mérite de faire un peu contre poids à leur article du 21/11/2006 dans lequel les journalistes s'étaient empressés de reprendre les informations, fausses, fournies par l'AFP. Nos amis étaient bien au Népal et non pas au Tibet, comme l'a affirmé l'AFP, et nous prendrons le temps dans les semaines qui viennent, de revenir sur ce point, cartes à l'appui.

Le Dauphiné Libéré du 29/11/2006 : "un secouriste raconte"
Par Comité de soutien aux alpinistes grenoblois - Publié dans : Articles de presse
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 13:45

9 octobre 2006

Départ de Paris pour Katmandou.

Après une soirée bien arrosée où Barbichu a fini avec la crête après un coup de tondeuse, on prend notre avion avec Gulf Air avec la carte de fréquent/ .. qui nous permet de prendre 30 kg de bagages. Le soir, escale à Barhein. Ici tout marche à la climatisation, dehors, il fait surlourd. On nous dépose à l’hôtel où un repas oriental 4 étoiles nous attend. On est comme des princes dans un pur hôtel.

 

10 octobre 2006

On arrive à Katmandou, prenons les visas sur place. C’est facile d’aller au Nepal. On attend pas mal les derniers bagages alors que des népalais récupèrent d’énormes sacs et cartons.

Direction le Pushar hôtel (150 roupies / pers) que Barbichu connaît. Des gens le reconnaissent d’ailleurs. Tout le monde est très gentil, attentionné. On pose les affaires et faisons un tour en ville.

Du monde partout, des voitures croisent vélos et piétons dans tous les sens et tout ceci dans la bonne humeur. Quelques népalais nous saoulent un peu à vouloir nous vendre baume du tigre, bout de shit ou jeu d’échec et nous suivent un bon moment. Dans les magasins, il ne faut pas hésiter à négocier ; on divise le prix par 4 parfois.

On évite pour l’instant le « dal bat » sur les conseils de Barbichu et Raph pour « momos », « drowme… », « fried rice ». Des restos d’où on sort repus pour 150 roupies (env 1.50 euros). La bière Everest se boit en demi L.

On passera encore 2 jours à KTM à préparer notre voyage et profiter de la ville où l’artisanat est varié et très beau. Nous passons finalement par Sunar pour prendre porteurs et permis pour aller d’abord dans le Ganesh puis dans le Langtang avec les filles.

 

13 octobre 2006

Départ tôt de KTM pour prendre un bus qui nous emmène en 1 jour à Syabru Bensi. Du goudron et de la piste, un bus rempli au taquet, notre premier dal bat, une rencontre épique avec les maoïstes où Ralf paye 2 X et Barbichu qui ne veut pas payer leur met la honte devant tous les villageois.

On arrive finalement tard à Syabru où un nouveau dal bat nous attend.

 

14 octobre 2006

1er jour de marche direction Tatopani . Les porteurs ne connaissent en fait pas le chemin et nous devons être très attentifs sur la  carte. Nos porteurs sont 5 jeunes dont 3 parlent très approximativement l’anglais. C’est dur de se comprendre, quelques malentendus. Ils ont bien 25 kg dans des sacs de riz qu’ils portent avec la sangle sur la tête.

On essaye et ce n’est pas si mal comme méthode. Pas vraiment inconfortable. A voir à la longue….

Pure soirée à Tatotani et sa source d’eau chaude (+/- 50 °) avec des grands bains communs. On mange de la cuisine avec les porteurs et les habitants. On goûte le rabchia (alcool de riz) qu’ils font chauffer, le shit local qui démonte bien avant d’aller au dodo bien déchiré. Nuit difficile entre les chiens qui aboient et le coq qui chante avant 5 h.

 

15 octobre 2006

Tatopani ---à grotte où l’on bivouaque. Départ difficile. Pose déjeuner où l’on se fait un repas au feu. Les porteurs se font leur dal bat dans la cocotte minute qu’ils ont emportée.

On couche le soir à 3 500 m dans une grotte. 3 porteurs n’ont rien pour dormir ; on leur prête des doudounes. Ils sont bien durs au mal, jamais froid, ne se plaignent pas et marchent en tongs.

 

16 octobre 2006

Grotte -à Kolha Karha. Journée un peu plus courte. On démarre à 7 h comme d’habitude. On trouve le camp de base avec une face nord du Paldor qui a  l’air bien rude. Et surtout….. on a oublié le gaz à Syabru.

On redescend à Tatopani le jour même avec Barbichu. C’est la grosse lose.

Soirée trop cool où on a rejoint les porteurs à Tatopani. On mange avec 2 bouteilles de rabchia préparées à du beurre, du riz frit puis l’alcool dans la gamelle.

 

17 octobre 2006

Descente à Syabru où un porteur nous invite à boire un coca chez lui ; bonne bouffe puis remontée à Tatopani. On arrive à rater le village et aller + loin.--à On «bortasse » dans la forêt. Plein de monde à Tatopani, des jolies filles, un gamin qui s’est tout brûlé il y a peu et que sa mère baigne dans l’eau bouillante ; quelques gens qui ont l’air d’être ici en retraite spirituelle et un gros dalbat qui nous attend.

 

19 octobre 2006

Ca y est, on a quitté le monde des humains pour un milieu plus austère où le stylo peine à écrire. Nous reverrons nos népalais dans 2 semaines. Leur sourire, leur gentillesse. La pauvreté qui ne les empêche pas d’avoir l’air d’être très heureux. Tout cela fait pas mal relativiser quant à la façon dont nous vivons en occident. Une chose assez impressionnante est qu’ils se lèvent tous les jours avant 6 h et n’arrêtent pas de la journée. On croise régulièrement des gens chargés d’énormes sacs à marcher dans ce pays. On voit tout le monde aller, vivre durement toute la journée avec une joie de vivre très présente. C’est un peuple fantastique dont la rudesse de la vie fait peur et donne en même temps envie dans son rapport à la nature et aux gens. La maison est ouverte à tous, entre népalais, on a l’impression qu’ils se connaissent depuis toujours alors que nos porteurs et nos hôtes de Tatopani ne s’étaient jamais vus.

A présent, après la dure journée d’hier nous voici dans le vif du sujet : repérage de faces magnifiques qui ont l’air faisables avec des doutes. Souci avec la météo qui se dégrade tous les jours à 11 h. Le camp de base pourrait être agréable avec le soleil, mais nous n’en avons pas profité. Il fait froid à 4 500 m.

 

22 octobre 2006

Matinée de repos après la mise en action difficile sur le sommet d’acclimatation. On a tous bien marné hier dans des pentes qui ressemblaient à de la semoule. Une nuit à 4 800 m et départ vers 6 h du matin au petit jour. On savait qu’on aurait du mauvais dès la fin de la matinée, on l’a eu ; les conditions pourries on le savait pas ; elles étaient là quand même. Résultat, belle bataille jusqu’à 5 700 m ; une superbe arête pour la fin et une longue descente jusqu’au camp de base dans les rochers enneigés avec démontage du camp inter sous la neige et remontage du camp de base dans la nuit. Superbe journée tout de même.

 

A présent, repos alors qu’il commence déjà à neiger (11 h 45). Malgré l’inconfort relatif, l’ambiance reste démente et on se trouve pas si mal. Avec une météo + clémente et de meilleures conditions, de belles choses sont à faire dans le coin.

 

23 octobre 2006

Après une belle matinée à glander au soleil (jusqu’à 10 h 30) : oui, il faut se lever tôt pour en profiter ; nous avons passé le reste de la journée à manger, jouer aux cartes dans la tente alors que dehors il neige et fait un froid de canard ; ça commence à saouler de ne pas être tranquille au camp de base. Depuis hier soir j’ai des petits soucis de respiration (peut-être psycho…) Y’en a un peu marre d’avoir du soleil 2 h par jour et passer le reste du temps sous la tente.

Demain, changement de paysage. On monte un camp avancé pour faire le Ganesh 7, avec peut-être 2 bivouacs en altitude. On compte profiter des matinées de soleil. Espérons que ça relance la motivation pour la suite. On est encore 1 mois au Népal et les filles arrivent dans 10 jours. J’ai peut-être envie de passer un peu de la fin du séjour à faire du tourisme. La montagne comme ça n’est pas exactement ce que je recherche ici. On veut juste un peu de soleil.


Vous pouvez aussi télécharger les notes de JB en PDF ici : télécharger


Par Jean Baptiste - Publié dans : Carnets de courses
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