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Témoignages

Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 12:59
Comme promis, voici quelques photos prises avec Stef. Celle du sommet du Tacul date d'octobre 2005 : de gauche à droite, moi, Michel Martel et Stef.  J'avais pris un coup de crampon en-dessous de l'oeil sur le mur de fin, car j'étais un peu trop "près" dans la cordée.

C'était une prépa que nous avions faite pour notre expé au Népal, effectuée avec Michel cette année en avril, au cours de laquelle nous avons tenté l'ascension de l'un des Chulu dans le massif des Annapurna, tentative échouée à cause d'une tempête de neige et nous avons dû renoncer à 5.500 m à cause des risques d'avalanches. 

Nous avions préparé, Christophe Lanson (un ami de Paris) et moi l'ascension des Grandes Jorasses par la voie normale, mais Stef nous y avait fait renoncer la veille...., à cause du trop beau temps.... car les risques de départ de plaques auraient été très élevés à la descente. Stef était très très prudent pour ses clients, et c'est ce qui me mettait, moi, très à confiance à chaque sortie.

Nous nous étions rabattus alors sur la traversée des arêtes de Rochefort par la dent du géant, le temps était merveilleux et ce fut une expérience fantastique.

Aujourd'hui, je pense très sérieusement arrêter la montagne, tant ces dernières semaines ont été difficile à vivre, et je n'ai pas très envie de faire supporter à ma famille, mes enfants sont encore petits (8 et 12 ans), ce genre de drame.

Mon objectif était de faire les "seven summits", j'en ai déjà fait deux (Kili & Aconcagua), et le projet avec Stef était le Denali (Mc Kinley), nous avions déjà fixé le départ au 30 avril prochain, avec  deux préparations dans les Alpes en Janvier et Mars. 

Les préparatifs allaient bon train, entre les autorisations, les vols, le matériel etc......

Maintenant, tout cela me semble un peu sans intérêt, et je n'ai plus du tout envie d'y aller.

On est tous un peu orphelin de Stef.

En tout cas, pour moi qui suis certes très sportif, mais qui travaille dans un domaine  où l'argent est roi, très éloigné de celui de la montagne, votre fils m'aura permis de faire des choses et d'atteindre des objectifs (notamment en escalade de rochers) que je n'aurai jamais imaginé seulement envisager.

Avec lui, et la confiance qu'il me donnait de par son calme, ses certitudes, et sa douceur, les "seven summits" ne m'avaient jamais paru si "atteignables".

Lors de notre dernier déjeuner à Metz, le 23 septembre, avec qu'il ne reprenne le train, il m'avait dit, "t'en as fait 2, on fera le 3ème ensemble, et ensuite il n'en restera plus que 4...."

Et puis, c'était surtout un garçon très intéressant, et les sujets de discussions en refuge, notamment sur la littérature étaient toujours très passionnants.

C'est très très dur cette situation.

Une amie, aussi montagnarde, m'a dit il y a quelques jours que "seuls les vivants avaient raison", j'ai pas tout de suite mesuré combien elle avait raison.....

Par Yvon Gérard - Publié dans : Témoignages
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 13:00

Plusieurs fois j'ai essayé d'écrire un message sur le blog de l'association, puis j'ai renoncé, de peur de ne pas trouver les bons mots, de peur d'être maladroits ou plus simplement de ne pas arriver à traduire ce que je ressentais de par la disparition de Stéfan.

Croyez que Stéfan était une personne que j'appréciais énormément et qu'il serait devenu à coup sur un grand ami pour moi.

J'ai connu Stéf en octobre 2005 à Chamonix ou nous faisions un stage de perfectionnement des techniques de montagnes. Nous préparions en effet un voyage au népal sur le chulu west en avril 2006. Je me souviens de nos discutions le soir au refuge ou j'échangeais ma mirabelle contre son génépi. Stéfan était plein d'humilité et avec Yvon nous devions lui arracher le récit de ses courses. C'était vraiment un passionné de la montagne mais aussi un véritable professionnel.

Nous nous sommes revus pour un autre stage en janvier 2006 sur les hauteurs de Gap avec toujours autant de convivialité. C'est là ou pour la première fois j'ai été suspendu dans le vide au bout d'une corde, mais avec Stéfan je n'avais pas peur, je lui faisais entièrement con fian ce. Avec lui je serait parti sur n'importe quel sommet.

C'est pour cela qu'avec Yvon , nous voulions faire le Mac Kinley et c'est de toute évidence que nous avons demandé à Stéf de nous servir de guide.

Il est donc monté à Metz les 22 et 23 septembre derniers. Je me  souviendrais toute ma vie de sa poignée de main, si franche, accompagnée d'une tape dans le dos et d'un large sourire. Après une bonne fiesta chez Yvon nous avions réunion le lendemain matin pour le breffing. Nous avions déjà potassé le sujet chacun de notre coté mais lui aussi, et mieux que nous. Ainsi en peu de temps nous savions tout sur le matériel, le planning, le budget, enfin tout semblait facile.

Nous avons été boire un dernier pot, puis une accolade en lui souhaitant un bon voyage au népal et qu'il prenne autant de plaisir que nous en avions pris en avril.

Quant à l'annonce de sa disparition je me doutais qu'il y avait peu de chance de les retrouver, j'y croyais quand même car sur ce que j'ai pu me rendre compte, Stéf était très prudent en montagne. Au mont Tacul, nous passions sous les glaciers en courants, afin d'éviter les chutes de blocs, à Gap nous étions très espacés dès qu'il y avait un risque d'avalanche, tous le matériel, les fixations, les arvas étaient testés.

Je n'en ai pas encore parlé à Yvon mais je n'irais pas sur le Mac Kinley, du moins pas l'année prochaine, car j'avais programmé ce voyage avec Stéf et s'il ne vient pas je n'y vais pas non plus.

Je ne sais pas si je peux partager votre chagrin mais croyez que Stéphane me manquera à moi aussi car c'était quelqu'un de bien.

Par Michel Martel - Publié dans : Témoignages
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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 18:26

J’ai connu Raph au lycée, on était un petit groupe sur la même longueur d’onde, il me semble, quelques années intenses !!

Avec en 1er S cette sortie de classe inoubliable, 1semaine pour mieux se connaître, dans le nord de la France et la Belgique avec pour thème « Rimbaud & le plat pays de Brel», ha !!  la bière Belge ! Quel régal !!

A l’époque Raph avait beaucoup plus de cheveux !! Les souvenirs que j’en ai, un mec incroyable, des discussions interminables jusqu’au bout de la nuit !

Et puis ces balades dans la 2CV rouge de Sophie qui nous menait de bar en bar et sur laquelle Raph avait graphé sur le coffre « Tais toi et Double ! ».

Raph c’est aussi le seul que je connaisse qui en Term (BacD Bio), se permettait d’arriver avec 1h30 de retard pour un devoir de Math de 3h sur table … tout ça pour finir avec un 18/20, ce qui agaçait un peu tout le monde et désespérer la prof J …

Le summum fut quand même le Bac … oui j’ai aussi partagé la même salle d’examen que lui. Décor planté dès la première épreuve de philo, matière qu’il n’aimait pas trop malgré son amour pour la discussion et les débats d’idées. Je le revoie, thermos de café sur la table, la brume du matin dans les yeux se tourner vers moi, et me dire avec une voie d’outre tombe : « heu… je n’ose pas mettre mon réveil … tu peux me réveiller dans 1 une bonne grosse heure … ». Je crois que le surveillant n’avais jamais vu ça, et c’est avec moult précaution pour ne pas le réveiller, qu’il a saisie la carte d’identité essayant de voir si la tête du gars qui dormait correspondait bien. Je n’ai jamais eu l’occasion de lui dire, mais je suis persuadé que c’est un peu grâce à lui que j’ai eu mon Bac, qui sait ce qui ce serait passé si avant la dernière et plus importante épreuve de Bio, nous n’étions pas parti boire quelques sérieux dans le quartier des Eaux-Claire… doux effets désinhibant de l’alcool …

J’aurai pu parler aussi de toutes ces parties de belottes, des ses dessins sur des coins de table, des soirées dégustation vins & spiritueux et tellement d’autres choses…

Voilà, entre autre, pourquoi j’ai toujours vu Raph, comme un homme « Libre » et surtout « Libéré du regard des autres », amoureux de la Vie et de tout ce qu’elle peut avoir de bon ... Et même si nous nous sommes séparé à la croisé des chemins de la vie, les témoignages de ses amis confirment qu’il n’avait pas changé. J’aurai aimé que nos routes se croisent à nouveau un jour …

Raph est Libre

Par Domi - Publié dans : Témoignages
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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 18:27
Je ne connaissais pas Raph, JB, Stefan et Vincent, ces quatre hommes qui ont perdu leur vie en vivant leur passion.
Et pourtant je me sens un lien étroit avec eux.
Je connais un de leur frère à qui je témoigne ici toute mon affection.
Et je connais leur milieu de montagnards, cette volonté incroyable de croire en notre toute puissance.

20 ans après la disparition de mon oncle et ma tante, emportés par une avalanche de glace lors d’une randonnée à skis, que me reste-t-il d’eux ? Des moments de pur bonheur, comme on dit aujourd’hui, les souvenirs de mes premières descentes à skis toute môme, les éclats de rire des premières sorties en hors piste, les bivouacs d’été, la bouffe lyophilisée, l’odeur du café au sortir de la tente, … Leur amour de la vie, qu’ils nous transmettaient généreusement, et toujours ce vide au creux de
l’estomac.

Le lien étroit que je ressens avec Raph, JB, Stefan et Vincent me renvoie à mes propres peines, mes propres pertes et mon infinie impuissance face aux injustices de la vie.
Et aujourd’hui, toutes mes pensées vont vers vous, les parents, les frères, les sœurs, les compagnes, les amis pour qui un long travail de deuil s’entame.

Les étapes du deuil sont multiples et à l’instar des champs de notre mémoire évoqués dans l’un des témoignages, elles ne sont pas égales.
Elles peuvent être rapides et violentes ou lentes et longues. Elles peuvent s’estomper et ne jamais revenir ou encore se revivre plusieurs fois.

Ces étapes passent par le déni, la tristesse, la colère et le marchandage, pour arriver à l'acceptation. Ce processus nous permet de vivre nos pertes dans nos têtes et dans nos corps. De les ressentir. Et
l'acceptation nous permet de vivre tout simplement.

Et il faut toute une année pour arriver à l’acceptation, il nous faut passer les quatre saisons au moins une fois, parfois plus, pour accepter ces drames. Le premier Noël sans eux, le premier printemps, les
premières vacances, le premier déménagement, la première sortie en montagne, puis le premier anniversaire de leur disparition.

Aujourd’hui vous entamez un long processus de deuil qui est le chemin vers la vie.

Courage et prudence, prenez soins de vous tout au long de ce voyage sur le chemin de vie.

Johanne
Par Johanne - Publié dans : Témoignages
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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 18:29
Je ne t'ai rencontré que 2 fois il me semble mais la première a changé ma vie.
Décembre 1998 : parce qu'il n'y avait pas de neige à la Grave, parce qu'il avait gelé la nuit, parce qu'on avait optimisé la montée aux 2 Alpes en réduisant le nombre de voiture, parce que j'étais dans ta voiture, parce que ta voiture à fait un tonneau, je me suis retrouvée à l'hosto...
Avril 1999 : expédition rafting en Inde forte en sensations : le fleuve déchaîné, les rafts renversés.
 
Et nos vies se sont séparées...
 
8 ans déjà que nos vies se sont croisées.
Depuis, ma main est réparée et je suis même repartie avec le kiné !
Mes cicatrices me rappellent sans cesse que grâce à toi aujourd'hui je suis maman d'une petite fille et d'un petit garçon.
 
Merci Vincent,
Repose en paix.
 
Séverine
 
 
Voir le monde dans un grain de sable
Le ciel dans une fleur sauvage
Tenir l'infini dans la paume de ta main
L'éternité dans l'heure qui vient
- William Blake -
Par Séverine - Publié dans : Témoignages
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