Message de Paul Cieslar à son départ le 18 novembre

Publié le par Comité de soutien aux alpinistes grenoblois

Message de Paul Cieslar, guide de haut montagne, frère de Stefan Cieslar, guide de haute montagne, disparu depuis fin octobre dans les Ganesh Himal (Népal), à son départ le 18 novembre.

Il y a toujours un espoir

Nous gardons espoir. Nous savons bien que les chances de les retrouver sont infimes. Il y a une chance sur 10000 de les retrouver. Mais il faut la jouer

Personnellement j’ai vécu certaines choses avec mon fils, et il est revenu, et il est parmi nous, et il me donne tout le courage. En Pologne (dans mon pays de naissance), on a renversé des montagnes avec un geste qui commence aussi par cette lettre V, et tout un peuple a réussi à renverser quelque chose que moi en tant que gamin, je ne pensais que çà allait arriver un jour. Et pourtant c’est arrivé.

Nous avons obtenu de l’Etat français qu’il nous suive de la même façon que Daniel Stolzenberg. Nous espérons que cela sera tenu.

On part et on va gagner. Que çà soit pour nos 4 disparus. Que ce soit pour le monde de ma profession, pour le monde des guides, dans tout son ensemble et tous les gens de bonne volonté qui nous soutiennent complètement.  Car je veux que çà serve pour toutes les personnes, qui nous suivent, et pour toutes les aventures qui auront lieu en montagne — même si moi je ne suis plus capable de mettre un crampon devant l’autre —,et que les gens savent qu’il faut vivre humainement.

En ce moment, on a peur. Et c’est pour çà que médiatiquement çà se vend beaucoup mieux, tout être a peur de la mort. Mais, en ce moment au niveau de la planète, il y a des choses autrement graves, avec la façon dont on se comporte, je crains pour l’avenir des montagnes, c’est à dire ces glaciers qui disparaissent, les éboulements de mes plus belles ascensions, à savoir le pilier ouest de Bonati des Drus qui était ma première grande ascension d’amateur. Il faut que quoi qu’il advienne, on se serve de cette expérience humainement et qu’on défende cette planète pour nos enfants. Il faut que cette aventure humaine se prolonge quelle que soit son issue.

Je demande à la presse de laisser faire ce qu’on fait, de laisser aux gens qui sont sur place, des amis avec qui j’ai fait de la montagne, la possibilité d’agir dans des conditions himalayiennes, et avec tout leur courage, comme on fait en France. La presse si elle a compris mon message doit être à l’écart et suivre toutes les informations sans gêner les secours.

On a créé un site internet  avec l’association Revenir du Népal. On communiquera avec une très bonne journaliste sur place au niveau de l’AFP. Nous on communiquera toutes les nouvelles et on jouera le jeu. Arrêtez de faire du sensationnisme. Ca empêche d’être productif.

Publié dans dernières nouvelles

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