Nous devions faire le Mac Kinley

Publié le par Yvon Gérard

Comme promis, voici quelques photos prises avec Stef. Celle du sommet du Tacul date d'octobre 2005 : de gauche à droite, moi, Michel Martel et Stef.  J'avais pris un coup de crampon en-dessous de l'oeil sur le mur de fin, car j'étais un peu trop "près" dans la cordée.

C'était une prépa que nous avions faite pour notre expé au Népal, effectuée avec Michel cette année en avril, au cours de laquelle nous avons tenté l'ascension de l'un des Chulu dans le massif des Annapurna, tentative échouée à cause d'une tempête de neige et nous avons dû renoncer à 5.500 m à cause des risques d'avalanches. 

Nous avions préparé, Christophe Lanson (un ami de Paris) et moi l'ascension des Grandes Jorasses par la voie normale, mais Stef nous y avait fait renoncer la veille...., à cause du trop beau temps.... car les risques de départ de plaques auraient été très élevés à la descente. Stef était très très prudent pour ses clients, et c'est ce qui me mettait, moi, très à confiance à chaque sortie.

Nous nous étions rabattus alors sur la traversée des arêtes de Rochefort par la dent du géant, le temps était merveilleux et ce fut une expérience fantastique.

Aujourd'hui, je pense très sérieusement arrêter la montagne, tant ces dernières semaines ont été difficile à vivre, et je n'ai pas très envie de faire supporter à ma famille, mes enfants sont encore petits (8 et 12 ans), ce genre de drame.

Mon objectif était de faire les "seven summits", j'en ai déjà fait deux (Kili & Aconcagua), et le projet avec Stef était le Denali (Mc Kinley), nous avions déjà fixé le départ au 30 avril prochain, avec  deux préparations dans les Alpes en Janvier et Mars. 

Les préparatifs allaient bon train, entre les autorisations, les vols, le matériel etc......

Maintenant, tout cela me semble un peu sans intérêt, et je n'ai plus du tout envie d'y aller.

On est tous un peu orphelin de Stef.

En tout cas, pour moi qui suis certes très sportif, mais qui travaille dans un domaine  où l'argent est roi, très éloigné de celui de la montagne, votre fils m'aura permis de faire des choses et d'atteindre des objectifs (notamment en escalade de rochers) que je n'aurai jamais imaginé seulement envisager.

Avec lui, et la confiance qu'il me donnait de par son calme, ses certitudes, et sa douceur, les "seven summits" ne m'avaient jamais paru si "atteignables".

Lors de notre dernier déjeuner à Metz, le 23 septembre, avec qu'il ne reprenne le train, il m'avait dit, "t'en as fait 2, on fera le 3ème ensemble, et ensuite il n'en restera plus que 4...."

Et puis, c'était surtout un garçon très intéressant, et les sujets de discussions en refuge, notamment sur la littérature étaient toujours très passionnants.

C'est très très dur cette situation.

Une amie, aussi montagnarde, m'a dit il y a quelques jours que "seuls les vivants avaient raison", j'ai pas tout de suite mesuré combien elle avait raison.....

Publié dans Témoignages

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