Nous devions partir acec Stef au Mac Kinley

Publié le par Michel Martel

 Plusieurs fois j'ai essayé d'écrire un message sur le blog de l'association, puis j'ai renoncé, de peur de ne pas trouver les bons mots, de peur d'être maladroits ou plus simplement de ne pas arriver à traduire ce que je ressentais de par la disparition de Stéfan.

Croyez que Stéfan était une personne que j'appréciais énormément et qu'il serait devenu à coup sur un grand ami pour moi.

J'ai connu Stéf en octobre 2005 à Chamonix ou nous faisions un stage de perfectionnement des techniques de montagnes. Nous préparions en effet un voyage au népal sur le chulu west en avril 2006. Je me souviens de nos discutions le soir au refuge ou j'échangeais ma mirabelle contre son génépi. Stéfan était plein d'humilité et avec Yvon nous devions lui arracher le récit de ses courses. C'était vraiment un passionné de la montagne mais aussi un véritable professionnel.

 Nous nous sommes revus pour un autre stage en janvier 2006 sur les hauteurs de Gap avec toujours autant de convivialité. C'est là ou pour la première fois j'ai été suspendu dans le vide au bout d'une corde, mais avec Stéfan je n'avais pas peur, je lui faisais entièrement con fiance. Avec lui je serai parti sur n'importe quel sommet.

C'est pour cela qu'avec Yvon , nous voulions faire le Mac Kinley et c'est de toute évidence que nous avons demandé à Stéf de nous servir de guide.

Il est donc monté à Metz les 22 et 23 septembre derniers. Je me  souviendrai toute ma vie de sa poignée de main, si franche, accompagnée d'une tape dans le dos et d'un large sourire. Après une bonne fiesta chez Yvon nous avions réunion le lendemain matin pour le breffing. Nous avions déjà potassé le sujet chacun de notre coté mais lui aussi, et mieux que nous. Ainsi en peu de temps nous savions tout sur le matériel, le planning, le budget, enfin tout semblait facile.

Nous avons été boire un dernier pot, puis une accolade en lui souhaitant un bon voyage au népal et qu'il prenne autant de plaisir que nous en avions pris en avril.

Quant à l'annonce de sa disparition je me doutais qu'il y avait peu de chance de les retrouver, j'y croyais quand même car sur ce que j'ai pu me rendre compte, Stéf était très prudent en montagne. Au mont Tacul, nous passions sous les glaciers en courants, afin d'éviter les chutes de blocs, à Gap nous étions très espacés dès qu'il y avait un risque d'avalanche, tous le matériel, les fixations, les arvas étaient testés.

Je n'en ai pas encore parlé à Yvon mais je n'irais pas sur le Mac Kinley, du moins pas l'année prochaine, car j'avais programmé ce voyage avec Stéf et s'il ne viens pas je n'y vais pas non plus.

 Je ne sais pas si je peux partager votre chagrin mais croyez que Stéphane me manquera à moi aussi car c'était quelqu'un de bien.

Publié dans Témoignages

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article